À bord du Plastic Odyssey

Grand reportage

Embarqué contre la vague de plastique

Client
Plastic Odyssey
Year
2023-2024
Chronique

"Chaque seconde c'est 250 kilos qui sont déversés dans l'Océan"

Entre 2023 et 2024, j’ai rejoint l’équipage de ce navire-laboratoire engagé dans la lutte contre la pollution plastique, pour une mission majeure en Amérique du Sud. Une traversée entre la République dominicaine et l’Équateur, en passant par la Colombie, les îles San Blas et le canal de Panama. Une odyssée moderne, à la frontière entre urgence écologique, enjeux géopolitiques et récits humains.

À bord, j’étais créateur de contenu et correspondant. Un poste d’observation privilégié, mais aussi une responsabilité : documenter, transmettre, rendre visible. J’ai suivi les navigations, les escales, les rencontres, les initiatives locales, les tensions, les espoirs. J’ai également participé au tournage de la série documentaire

République dominicaine : Le point de départ

La mission débute sur les rivages des Caraïbes. Ici, la mer est d’un bleu éclatant, les plages semblent intactes, mais le plastique est déjà partout. Dans les ports, les rivières, les filets de pêche. Dès les premiers jours, le ton est donné : la pollution n’est pas un accident, c’est un système.

C’est depuis ces quais que commence mon travail de correspondant. Observer, capter, interroger, mais surtout comprendre. Comprendre comment le plastique s’est installé dans les gestes du quotidien. Comprendre comment il façonne déjà les paysages.

 

Colombie

Colombie : Carthagène et les lignes de fracture

À Carthagène, la carte postale coloniale se fissure dès que l’on s’éloigne des remparts. Le contraste est brutal entre le tourisme international et les quartiers exposés de plein fouet aux déchets, aux inondations, aux infrastructures saturées. Là encore, le plastique devient un marqueur social.

À bord du Plastic Odyssey, nous rencontrons des entrepreneurs, des ONG, des communautés entières qui cherchent à transformer les déchets en ressource. Des solutions locales, souvent bricolées, mais portées par une énergie impressionnante. Mon rôle consiste à capter ces récits, à leur donner une portée qui dépasse le port, la ville, le pays.

Guna yala

Îles San Blas : La mer qui monte, le plastique qui reste

Les îles San Blas, territoire du peuple Guna, sont parmi les plus beaux paysages que j’aie jamais vus. Et parmi les plus fragiles. Ici, la montée du niveau de la mer n’est pas une projection scientifique : c’est une réalité quotidienne. Certaines îles disparaissent lentement, rongées par l’eau.

Le plastique, lui, ne disparaît pas. Il s’accumule sur les plages, dans les mangroves, entre les maisons sur pilotis. Le paradoxe est total : un peuple qui a vécu des siècles en symbiose avec son environnement se retrouve aujourd’hui encerclé par les déchets du monde entier.

Ces escales-là marquent durablement. Elles rappellent que la crise écologique n’est pas abstraite. Elle est vécue, subie, chaque jour.

Le canal de Panama — Le cœur du système

Le canal de Panama — Le cœur du système

Panama

Panama : Jungle, dollars et contradictions

Le pays est une collision permanente entre forêt tropicale, zones franches, ports industriels et quartiers ultra-financés. À quelques kilomètres, on passe de la jungle à la skyline. Là encore, les solutions existent, mais elles luttent contre une économie qui produit plus vite qu’elle ne répare.

À bord, le travail continue : reportages, vidéos, récits, interviews. Mon rôle est de faire le lien entre le terrain et le public, entre l’équipage et ceux qui suivent l’aventure à distance. Être créateur de contenu, c’est être un traducteur du réel.

Equateur

Équateur : Violence, chaos, et solutions inattendues

Équateur — Violence, chaos, et solutions inattendues

L’arrivée en Équateur est l’une des plus marquantes. Le pays est alors ravagé par une crise de violence d’une ampleur inédite. Tensions politiques, trafic, insécurité : tout semble s’effondrer. Et pourtant, au milieu de ce chaos, nous rencontrons ceux qui inventent des réponses.

Des coopératives, des ateliers de recyclage, des projets éducatifs dans les quartiers les plus touchés. Là où l’on s’attend à ne voir que des ruines, on découvre de l’ingéniosité, de la dignité, de la résistance. Ce sont souvent ces histoires-là que je cherche à mettre en avant : celles que l’actualité brute ignore.


Être correspondant à bord

Être correspondant sur le Plastic Odyssey, ce n’est pas seulement filmer des paysages et publier des images. C’est vivre embarqué, partager le quotidien de l’équipage, composer avec la fatigue, la mer, l’urgence climatique et les contraintes techniques. C’est suivre chaque navigation, chaque escale, chaque imprévu.

C’est aussi participer à une œuvre collective : la série Les Éclaireurs (Canal+), les reportages, les formats courts, les récits longs. Multiplier les regards pour mieux comprendre un monde qui bascule.

Un podcast pour faire parler les experts de l'alimentation durable.